2020
24 july - 15 august

See the Jazz

 

 

Le sourire d’une chanteuse, la danse des doigts sur un clavier de piano ou le manche d’une guitare, la petite larme d’émotion au moment du salut…
Aucun détail n’échappe aux spectateurs du festival grâce aux trois écrans disposés sous le chapiteau. Gros plan sur l’équipe « Image » dirigée par le réalisateur Jean-Marc Birraux.

Musique, on tourne ! Tandis que la voix de Dee Dee Bridgewater ou que la basse de Marcus Miller< nous emporte, une autre prestation artistique se déroule derrière le chapiteau. Dans la régie située parmi les loges, le réalisateur Jean-Marc Birraux reçoit les images filmées par ses six cadreurs. En véritable chef d’orchestre, il sélectionne les meilleurs plans à offrir aux meilleurs moments. Même les personnes les plus éloignées de la scène pourront profiter du spectacle jusqu’aux moindres détails. Un travail qui ne s’improvise pas. Du moins, pas tout à fait.


Durant l’après-midi, Jean-Marc Birraux a assisté à toutes les répétitions. Comme un stratège avant la bataille, il a discuté avec ses soldats pour déterminer le rôle de chacun. Des soldats bien pacifiques puisqu’ils sont armés de caméras. Deux sont disposées au fond de la salle, à soixante-dix mètres du plateau, afin de ne pas déranger les spectateurs. Une autre se trouve devant la scène, là où officient les photographes. Deux autres prennent place sur les côtés : une sur travelling côté jardin, et sa consoeur sur roulettes côté cour. Enfin,une caméra télécommandée oeuvre directement sur scène.

Ecrans - © Francis Vernhet
Ecrans - © Francis Vernhet
Cadreur - © Francis Vernhet
Cadreur - © Francis Vernhet
Cadreur 2 - © Francis Vernhet
Cadreur 2 - © Francis Vernhet

Tous les techniciens, du son comme de la lumière, travaillent pour obtenir le plus beau rendu possible

Des artistes très coopératifs

On détermine donc qui filmera tel ou tel musicien, et l’on repère tout ce qui gêne à l’image : ce pupitre de partitions un peu trop haut, par exemple, ou ces micros qu’il faudrait légèrement déplacer. Les artistes se montrent dans l’ensemble très coopératifs, ce qui n’est pas forcément le cas ailleurs, témoigne Jean-Marc Birraux du haut de son expérience : effet de la magie JIM. Ce travail préparatoire sert à glisser dans sa manche tous les atouts pour un concert bien filmé, mais ne nous leurrons pas : le soir venu, à l’instar des artistes, il faudra improviser. On peut se le permettre quand on connaît son métier. C’est le cas de Jean-Marc Birraux qui, photographe de formation, a effectué sa première captation pour l’émission télévisée Jazz 6 avant de collaborer avec Jazz à Vienne. Mais ce Palois d’origine nourrit une affection toute particulière pour Jazz In Marciac :

Depuis 2012, je prends un plaisir fou à travailler ici. Les plateaux d’artistes sont exceptionnels et tous les techniciens, du son comme de la lumière, travaillent pour obtenir le plus beau rendu possible.

Jean-Marc Birraux, photographe de formation

Les artistes pourront en profiter : ils repartent du festival avec, dans la poche, une clé USB contenant les images de leur prestation. Des images que l’on peut aussi retrouver sur diverses chaînes de télévision comme BFM ou Arte, intégrées dans des reportages. Certains concerts enregistrés peuvent également être diffusés sur France 3 Régions ou sur Mezzo, voire faire l’objet de CD/DVD Live, comme ce fut le cas pour Chucho Valdés et Émile Parisien. À Jazz in Marciac, la musique se regarde autant qu’elle s’écoute – vous voyez ?

Anne Péméja